LES FRANÇAIS SONT-ILS DES LOOSERS DU PETIT-DEJEUNER ? UNE ENQUÊTE AUTOUR DU MONDE EN BELLES IMAGES.

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LES FRANÇAIS SONT-ILS DES LOOSERS DU PETIT-DEJEUNER ? UNE ENQUÊTE AUTOUR DU MONDE EN BELLES IMAGES.

«Sauter le petit-déjeuner est un comportement qui s’amplifie drastiquement en France» constate le CREDOC lors de sa dernière étude sur les comportements alimentaires. Un constat étrange quand paradoxalement, la même étude révèle que «93% des français considèrent ce repas comme indispensable pour l’équilibre alimentaire au quotidien.» Mais quel est le problème avec notre petit-déjeuner? Depuis quand doit-on lutter pour faire manger les français? Enquête en images. 

Le petit-déjeuner de Tiago, 3 ans, à Buenos Aires. Crédit photos : Hannah Whitaker

C’est toi, le petit.

Tout ce qui est petit n’est pas forcément mignon. Approuvé par 93% des français, le ponsif du petit-déjeuner comme «repas le plus important de la journée» semble pourtant peiner à s’introduire dans notre culture – même étymologiquement. Littéralement, «dé-jeuner» signifie rompre le jeûn de la nuit; tout comme le breakfast anglais (break=casser; fast=jeûn.) Mais pourquoi ce déjeuner devrait-il être «petit»? Pourquoi dévaloriser 33% de notre alimentation quotidienne lorsque le premier repas devrait logiquement être le plus consistant?

Du pain, du beurre et du café.

A t’on déjà vu un Américain prendre un little breakfast? Non. Un espagnol prendre un pequeno desayuno? Non plus. Selon l’office du Tourisme en France, «le petit-déjeuner traditionnel français est composé autour de la star de l’hexagone: la baguette.» Simple affaire de tartines beurrées, de viennoiseries et de café, le petit-déjeuner est en France «le repas le moins synchronisé de la journée»: tout le contraire du déjeuner, «qui a lieu a 13 heures pile pour la moitié de la population» (INSEE.) Selon le chef franco-israélien Daniel Renaudie, qui propose depuis octobre au restaurant Else (Paris) huit formules de petit-déjeuner inspirées d’un pays du Moyen-Orient, «le petit-déjeuner français n’est pas un repas, c’est juste une tartine ou une viennoiserie. Pour prendre un «vrai» petit-déjeuner ou un brunch «moins limité» dans un établissement à Paris, il faut se tourner vers la cuisine d’ailleurs.»

Le petit-déjeuner de Nathanaël, 4 ans, Paris. Crédit photos : Hannah Whitaker

Voyage, voyage.

Récemment débarqué d’Amsterdam – où il officiait au restaurant étoilé du Palace Amstel – le chef franco-israélien ajoute: «en Israël, la chakchuka (un mélange d’oeufs, d’épices, de tomates et de poivrons cuits) est considéré comme le plat israélien typique. C’est ce même plat qui, mangé le samedi matin avec la rhalla (pain du vendredi soir) est devenu le petit-déjeuner traditionnel.»

En Allemagne, le frühstück est traditionnellement composé de bircher muesli – originellement conçu par le médecin Maximilian Bircher-Benner pour palier les carences alimentaires de ses patients. Le petit-déjeuner allemand contient aussi de la charcuterie, des oeufs-coque, du fromage (le fameux Allgäuer Emmentaler,) des petits pains individuels (brötchen.)

Quant au full english breakfast traditionnel anglais, il est composé de toasts, de bacon, de saucisses, et des fameux baked beans – sans oublier la très chauvine tasse de thé: english breakfast, please. Daniel Renaudie souligne: «Londres est à mon sens l’une des capitales mondiales de la gastronomie. Culturellement pauvre d’un point de vue culinaire, le pays n’est nourri de son immigration pour s’ouvrir vers l’extérieur.»

Une question de culture.

Au delà des assiettes, les différences culturelles sont également flagrantes sur le rapport des populations à l’alimentation. Tandis que les français assimilent cuisine avec interaction sociale et sensualité, les Danois et les Suédois la perçoivent avant tout comme une nécessité physiologique.

Au Pérou, le traditionnel ceviche est consommé au petit-déjeuner, au déjeuner et au diner: tout comme le kimchi coréen et le nasi goreng indonésien, servi en continu tout au long de la journée. Daniel Renaudie ajoute: «en Israel, la mixité des cultures a généré une mixité culinaire. Le mélange des cuisines et des saveurs, provenant des quatre coins du monde, a créé une nouvelle cuisine.»

Une question d’habitude, de temps… et d’ouverture d’esprit?

Le petit-déjeuner est essentiellement un repas pris seul. C’est aussi un repas pris la tête dans le cul, pressé par le temps, plutôt englouti que dégusté. Or, le français n’aime pas manger seul. Il aime prendre le temps de partager à table. «Lorsqu’il n’est pas sauté, le petit-déjeuner me semble être le seul repas français qui répond plus au besoin de se nourrir qu’au plaisir» souligne le chef. «La cuisine française est une référence mondiale, mais elle manque d’innovation. Elle campe sur ses positions sans forcément chercher à changer ses habitudes.»

Et si cette négligence qui s’amplifie autour du petit-déjeuner était liée au fait que le pays de la gastronomie française se repose sur ses lauriers? «A Tel Aviv, il y a quelques mois, l’un des plus gros journaux locaux a consacré une page aux 10 meilleures pizza vegan. En existe-t’il seulement une à Paris?» A creuser. «Peu de restaurants à Tel Aviv se permettent de ne pas proposer d’options végétarienne à leurs clients» soulève le chef. Omniprésents aux Etats-Unis, en Australie, en Angleterre et en Israël depuis plus de 3 ans, la tendance healthy food et le veganisme en sont encore à leurs débuts en France. «Je m’efforce à proposer des options végétariennes à mes clients, mais un seul vegan s’est attablé chez Else en 6 mois» précise Daniel. Alors ma France, oseras-tu remettre en question ta cuisine pour la santé de tes habitants?

Le petit-déjeuner de Doga, 8 ans, à Istanbul. Crédit photos : Hannah Whitaker

Le petit-déjeuner d’Emily, 7 ans, au Malawi. Crédit photos : Hannah Whitaker

Le petit-déjeuner de Koki, 4 ans, Tokyo.

Une enquête réalisée pour le Magazine Grand Seigneur.

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