LE BROOKIE (MOITIE BROWNIE, MOITIE COOKIE) : HOMEMADE OU CHEZ FAIRY CAKES
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LA PRESQU’ILE
30 octobre 2013
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Ceci est un message pour mes potos.

Parce que tous les jours que Jésus créée, vous me gonflez à me demander où emmener becter vos zouz à la con, c’est en votre nom que j’ai concocté ce petit dossier qui ravira tous les messieurs en manque d’inspiration.

Ceci est un message pour mes pineco.

Parce qu’on est toutes différentes dans notre singularité mais quand même toutes un peu pareilles dans nos excentricités (en gros, on est des créatures exceptionnelles, et on le sait) j’ai pris soin de nous classer selon cinq profils distincts et d’attribuer à chacune les restos correspondants… histoire que vous arrêtiez enfin de vous plaindre de ces dates ratées.

Alors suivez le guide, et laissez-vous porter.

1)   LA BRANCHOUILLE EXIGEANTE

La zouz. C’est une trend setteuse, une early adopteuse. Plus portée sur le clubbing et la dernière collab’ Vans & Kenzo que sur l’assiette, ça ne devrait donc pas être trop dur de lui en mettre plein la vue question bouffe, même si elle sait ce qu’elle aime, la petiote.

Le resto. Garçons, il vous faut un truc à la cool qui réponde à quelques codes tout de même : cuisine dans le coup (associations étonnantes, saveurs précises, assiettes légères, compos hyper graphiques) et salle branchée du bon côté (un truc du genre bois blond, acier, faïences blanches, béton lissé et/ou pierres brutes.)

L’adresse ? ENCORE : 43, rue Richer, 75009 Paris. Tel : +33 1 72 60 97 72

ENCORE

Habitué aux noms du même accabit, Franck Aboudarham signe Encore après Merci, Grazie et Beaucoup. Une jolie salle façon loft, ouverte sur la rue, de pierres apparentes en faïences blanches, accueille dorénavant les parisiens venus de tous bords se pâmer rue Richer (l’Office, Kiku, Richer, etc.) et goûter aux assiettes du petit dernier dans lesquelles résonnent une nouvelle fois les noms de Desnoyer (viandes), Thiébault (légumes) et Quatrehomme (fromages). Au piano, c’est le chef japonais Yoshi Morie, que vous auriez pu croiser au Petit Verdot, qui signe un menu déjeuner (25€) et un menu en quatre plats le soir (40-70€). Voilà une cuisine de douceur, réfléchie, croisant admirablement terre et océan. Au hasard des saisons et des moments de la journée, vous aurez : Aubergines, brie et oyster leaves, Seiche, papaye verte, bouillon de céréales, Ris de veau de lait rissolés, jus de crevette grise, shungiku, noisettes ou bien Sorbet ananas, mousse coco, tagète. Carte des vins habilement préparée par Florian Perate (Aux crieurs de Vins à Troyes) : Mauzac Vert de Plageoles et Cuvée des Galets d’Estézargues (4,50 € au verre), Clos Fantine 2011 (faugères), etc.

Mais encore ? LE CHATEAUBRIAND (11e), LE DAUPHIN (6e), LE CHERI BIBI (18e).

2)   LA FOODIE A QUI « ON NE LA FAIT PAS »

La fille. Plus difficile de lui faire sur le choix de la table. Elle se mange tous les blogs et sites food. Le dossier est épineux car elle connaît quasiment tout. Mais surtout ce qui est à la mode et dont on parle le plus. Avec un peu de chance elle ne connaît même pas ses classiques.

Le resto. Evite la table trop mainstream déjà mitraillée genre Chez Bones, Le Dauphin etc. Elle connaît déjà et elle doit sûrement fantasmer sur le chef. Il faut que tu dégotes de très bons cuisiniers (elle est exigeante) excentrés (là où elle n’est pas allé). Là, tu la surprendras.

L’adresse ? LE SOT L’Y LAISSE : 70, rue Alexandre Dumas, 75011 Paris. Tel : 01 40 09 79 20.

LE SOT L'Y LAISSE

A l’heure où la moindre volupté se claironne comme sur le champ d’honneur, il semble que la pudeur soit le meilleur allié de l’érotisme. Cette règle est aussi valable pour les tables. Voilà une adresse qui ne parle pas trop fort, et pourtant… Pas prétentieuse pour un sous, pudique, mais aussi joyeuse et virevoltante, à l’image de sa dame de salle Akiko, le Sot l’y laisse est de ces adresses qui sont dignes des plus grandes sans en donner l’air. Une certaine idée du talent.

La salle est d’une naïveté incroyable. Façade et intérieur de bistrot à l’ancienne. Mais en entrant nous vient comme une sensation étrange. Comme s’il manquait quelque chose, un repère… Et puis là, ça nous vient. Ciel, il manque le bar ! Amusant…

L’assiette, quant à elle, est dans une épure dynamique, émouvante et chaleureuse. On ne s’enquiquine pas devant la ventrèche de thon à la tendreté cravachée par une sauce pistou basilique et son mesclun japonais craquant. Rebelote sur l’échine de cochon noir de Bigorre, légumes poêlés et sauce au yuzu. Une jolie démonstration de cuisson à attendrir les plus durs d’entre nous et des jeux de textures à réveiller les somnolents. Tout ça accompagné d’un Saint-Joseph entrainant et de fort bonne compagnie ; puis ponctué par un blanc-manger au sésame noir et ses fraises, en mal de charisme mais à la fraîcheur non négligeable. On n’est pas encore parti mais on a déjà envie de revenir. Ce que nous fîmes au déjeuner quelques mois plus tard, dans un style plus simple mais toujours aussi aiguisé avec un crème de céleri au citron et une truite à la meunière.

Mais encore ? Le Tempero (13e), Le Baratin (20e.)

3)     L’ALTERMONDIALISTE COOL A TENDANCE BOBO

La fille. Elle te consterne avec ses abricots secs et ses amandes grillées. Toujours en train de militer un truc (les OGM, les fast-food, la viande, le bio etc.). Elle est sûrement végétarienne, attention. Mais sous ses airs elle fait quand même gaffe à elle, elle s’arrange toujours pour être jolie et bien présenter.

Le resto. Surtout pas un truc trop guindé. Le steackhouse n’y pense même pas. Le repère bio pour brindilles en escarpins, non plus. Trop maniéré. Non emmènes la plutôt siroter des cuvées nature autour d’une cuisine de produits.

L ‘adresse ? QUE DU BON : 22 rue du Plateau, 75019 Paris. Tel : +33 1 42 38 18 65

QUE DU BON

Pas grand chose à traficoter dans le coin, si ce n’est venir s’en jeter un derrière la cravate ici, à Quedubon, au détour d’une balade sur les Buttes (Chaumont). Un coup de gouaille plus tard de Gilles (Bénard, à qui l’on doit Ramulaud) et voilà des assiettes à la dépouille rustique et rieuse à dégommer en jouant du couteau comme un vrai gaillard. Délicieux harengs pommes à l’huile associés au romarin, percutant gigot d’agneau et son chou poêlé, ponctué par un fromage blanc fermier et confiture aux fruits rouges, aux coings, au choix. Tout ça égayé par une cave de vins libres et vivants, sans l’soufre : Le chinon de chez Breton, le morgon de Foillard, le beaune de Rateau et les autres, aussi (verres à partir de 4€). Formules 15-17,5€, à la carte environ 40€.

Mais encore ? Coinstot Vino (2e), Le Café Trama (6e).

4)   LA BABACOOL

La fille. A la différence de l’altermondialiste. Elle n’est pas militante pour deux sous. Juste un truc, elle a horreur de ce qui se prend au sérieux et adore la récup. Elle est plutôt fêtarde, et en toute simplicité : clopes roulées, petits vins et musiques bab’ genre ska ou jazz manouche.

Le resto. Il te faut un truc qui vienne d’ailleurs, dans la déglingue. Un resto façon chat de gouttière, un truc un peu cabossé mais quand même attendrissant. Attention à bien éviter tout repère à bobo sur ce registre, car il y en a beaucoup. Et ce genre de fille saura voir la supercherie.

L’adresse ? LE RENDEZ-VOUS DES CHAUFFEURS : 11, rue des portes blanches, 75018 Paris.

LE RENDEZ VOUS DES CHAUFFEURS

Crédit photo : Lea Hier

Onze mois à se morfondre dans cette rue des Portes Blanches que même les corbeaux ne ravitaillent plus depuis qu’Etiennette et Roger Lafarge mirent la clé sous la porte du numéro 11, voilà plus de quinze ans. Et pourtant, onze mois que l’assiette n’en démord pas de sa bonne humeur. Elle a cette simplicité amusée et élégante traduite par un esprit fort et serein : Nathalie Louis, liégeoise avérée, démontrant au passage cette capacité belge de ne pas prendre au sérieux certaines situations pourtant dramatiques. L′adresse a failli fermer. Imaginez un peu qu’on soit passé à côté…

Des plats auxquels on aurait pu penser, mais à chaque fois révélés par une géniale et délicate inspiration – Aubergines grillées… sauce au bleu, menthe et raisins secs, ou côtelettes d’agneau à la plancha… légumes de saisons, cumin et coriandre – des fromages odorants, des desserts gourmands et des vins causants servis par le lunaire Rémi, qui éclaire joyeusement le service sans trop en faire. Il ne manque plus qu’un peu de brouhaha dans ce Baratin là pour en faire un des bistrots les plus courus des gourmands.

Tout ça pour une vingtaine d’euros. On appelle ça une bien belge journée, un amour de bistrot.

5)  LA PRINCESSE / MICHTO

La fille. Ouh la attention, hein ! Celle-là aime tout ce qui brille. Il lui faut du clinquant, un truc qui éclabousse et lui renvoie une jolie image d’elle-même. Elle se sait belle, mais elle adore qu’on lui rappelle. Ce n’est pas forcément un problème. Sauf que tu vas raquer.

Le resto. Il te faut du spectaculaire, dans le décor surtout. L’assiette ne doit pas forcément chercher à avoir inventé la poudre (elle n’y connaît que dalle de toute façon) mais elle se doit d’être sur son trente-et-un. La présence de people est un plus.

L’adresse ? L’HOTEL COSTES : 239, rue Saint-Honoré, 75001 Paris. Tel : 01 42 44 50 00.

L'HOTEL COSTES

Crédit photo : Costes

L’Hôtel Costes est un peu aux établissements éponymes ce que Zeus est à la mythologie grecque : le point de repère, le Dieu des Dieux. Sur fond de Stéphane Pompougnac (pour les oreilles) et de Jacques Garcia (pour les yeux,) on y reluque de la mini-jupe en veux-tu en voilà – tout en se délectant de cette bonne formule Costes. Sauf qu’ici, les prix ont été gonflés par deux ou par trois… faute au boudoir Napoléon III. Tartare Desnoyer au couteau, nems de Lily Wang, éclair au citron de Menton signé Cyril Lignac : une cuisine simple, efficace, onéreuse et bien lookée. Carte 51-120€.

Mais encore ? Kunigawa (1er), Monsieur Bleu (16e).

Et voilààààààà 🙂

7 Comments

  1. laurent dit :

    excellent papier Margaux!
    passes de bonnes fetes de noel
    a bientot
    Cordialement

  2. Fred dit :

    Excellent article ! Moi pour la première il m’avait emmener au http://www.lerelaisdevaujours.com je me suis régalé et il a réussi à me séduire car ça fait 5 ans que ça dure maintenant 🙂

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